L'EMPEREUR du SAINT EMPIRE GERMANIQUE
         FERDINAND II ELEVE le COMTE de SALM  
             en PRINCIPAUTE le 8 JANVIER 1623  
         
         
         
    Ferdinand II Empereur du Saint Empire (1578  - 1637)  
         
     
  Nous FERDINAND II par la grâce de Dieu, est l' Empereur des Romains toujours auguste Roi de la Germanie,
  Hongrie, Boheme, Dalmatie, Croacie, Esclavonie, Archiduc d'Autriche, Duc de Bourgogne, Brabant, Styrie,
  Carinthie, Carniolie, Luxembourg, Wirtemberg, haute et basse Silésie, Prince de Suabe, Gartz, Marquis du
  Saint Empire Romain a Burgaw, Ajah'ren, haute et basse Lautznitz, Comte princier de Habsbourg, Tirol Pfirdt,
  Kyrbourg et Görtz, Landgrave d'Alsace, Seigneur de la Marche Vindelice, de Portenau et de Salins  :  
  FAISONS A SAVOIR à tous qu'il appartiendra, pour nous et nos successeurs au Saint Empire, qu'encore bien
  que la haute dignité de la Majesté Impériale, soit décorée par la puissance de son trone splendide, comme
  aussi au moyen des Princes, Etats et illustres tiges de Noblesse, néanmoins d'autant plus que par la mortalité
  des hommes, telles races de maisons, se sont éteintes, et venues à manquer de temps à autres, d'autant plus
  la grandeur de la Majesté Impériale, pourvoi et sont celles qui restent suivant leur ancienne et illustre  origine,
  comportements,  et mérites, en quoi le  trone de la Majesté  Impériale  parait d'autant  plus magnifique et
  auguste et ses sujets d'autant mieux informés et que instruits ont la connaissance de la dignité impériale et
  dans l'obéissance qu'ils qu'ils doivent, et par là d'autant plus excités à exercer des actions nobles de vertu,
  produire des faits généreux, et honorables, et à rendre des services fidèles et constants, nonobstant quoi et
  encore bien que nous soyons toujours par notre bonté et douceur naturelle enclin, à cause de notre dignité
  impériale, de laquelle il a plu, à sa divine Majesté, de nous honorer de pouvoir et mettre en considération
  l'honneur, la dignité et l'avancement de tous les membres et états, de haute et basse condition. Néanmoins
  notre inclination impériale et avec justice bien plus portée à élever à de plus grands honneurs, et à un plus
  haut état et degré de dignité, les personnes qui prennent leur nom et leur origine de prédécesseurs illustres,
  lesquels ensemble en sont rendus recommandables envers les empereurs romains et rois nos prédécesseurs,
  envers nous et notre Maison archiducale d'Autriche, par leurs bons fidèles, loyaux et continuels services, tant
  en temps de paix que de guerre.  
  Ainsi ayant bien pesé et mûrement concidéré l'ancienne Maison et origine des Comtes Sauvages de Dhaun
  de Kyrbourg Rhingraves de Stein et Comtes de Salm, comme aussi les services excellents et considérables
  rendus à nos prédécesseurs les Empereurs et Rois des Romains d'heureuse mémoire, par leurs ancêtres, et
  nottament ceux rendus par le noble notre cher et loyal, et de l'Empire Philippe Othon Comte Sauvage de  
  Dhaun et de Kyrbourg Rhingrave de Stein, et Comte de Salm, conseiller en notre conseil de guerre et un de
  nos colonels aux très hauts et très puissants Princes Rudolph Second et Mathias Empereurs des Romains
  de très heureuse mémoire, nos très chers cousins de Père et derniers prédécesseurs, comme aussi à notre
  personne depuis notre avènement, à notre couronne impériale, en plusieurs et diverses manières, et  
  principalement contre le Turc l'ennemi commun de la chrétienté, pendant la guerre ouverte de l'année  
  dernière, et autrement dans d'autres affaires et commissions de conséquence, pour l'Empire Romain et  
  la République, dans lesquelles il n'a épargné son corps, son bien, et son sang à notre contentement et  
  satisfaction  et  à  la  renommée  et l'honneur  particulier de l'ancienneté  de sa Maison, généreusement  
  et avec fidélité pour le tout.  
  Ensuite de quoi, Nous, pour reconnaissance des sus, dont fameux et généreux comportements, longs et  
  fidèles services, de notre volonté, bon aide et science certaine, avons élevé, dignifié et mis de nouveau, le
  sus Philippe Othon Comte Sauvage du Rhin et après lui son fils ainé et de suite tous les bénéficiaires et  
  héritiers, lesquels posséderont le Comté de Salm, à jamais, dans le rang, honneur et dignité des Princes
  et Princesses des Notres, et du Saint Empire, les aggregats, associés, et comparants au nombre, Compagnie
  et Communauté des autres Princes et Princesses des Notres et du Saint Empire, de telle sorte que dès à
  présent Philippe Othon Comte Sauvage du Rhin, et après lu son fils ainé et de suite tous les bénéficiaires
  et héritiers, lesquels possederont le Comté de Salm pourront des ci-après se nommer et intituler Princes
  et Princesses de Salm, ordonnons, mettons et élevons et dignifions en suitte, d'autorité souveraine et  
  puissance absolue et impériale, par ces présentes, de science certaine et en vertu des présents écrits, le sus
  dit Philippe Othon,  Comte  Sauvage du Rhin et après lui son fils ainé et de suite tous les bénéficiaires
  et  héritiers tels quels, posséderont le dit Comté de Salm et les mettons en la matière sus-dite dans le  
  rang honneur et dignité des Princes et des Princesses des  
  Notres et du Saint Empire Romain. Telle est notre intention,  
  ordonnance et volonté que le dit Philippe Othon Comte
 
 
  Sauvage du Rhin, et après lui son fils ainé et de suite tous  
  ses héritiers possédants le dit Comté de Salm sont, se  
  nomment et s'intitulent à jamais et à toujours Princes et  
  Princesses de Salm, des Notres et du Saint Empire, soient  
  tenus pour tels nommés et intitulés par nous, nos futurs et  
  successeurs à l'Empire, et tous un chacun généralement  
  quelconque et en conséquence jouissent, de toutes et  
  chacunes grâce, honneur, dignité, et avantage prééminence,  
  rang de Prince, ainsi que droit et juridiction et assemblées  
  des exercices  de jeux des chevaliers, comme aussi des  
  bénéfices dans les hautes et moyennes cathédrales,  
  recoivent fiefs, écclésiastiques, temporels et autres charges, Le Comte de Salm Philippe Othon  
  ou autrement possèdent et soient capables de toutes autres           Comte Sauvage du Rhin  
  choses, pour en jouir, s'en  servir et posséder suivant leur  
  honneur et leur nécessité à leur volonté et bon plaisir sans  
  aucun empéchement ou obstacle en tant que la sus dite présente notre grâce et dignité. Néanmoins et sans        
  porter aucun préjudice à Nous et au Saint Empire, ni à nos droits, justice et juridiction non plus qu'aux               
  droits de personnes quelconques. Commandons ensuite à tous et à chacun Princes électeurs, Princes  
  écclésiastiques et séculiers, Prélats, Comtes, Barons, Chevaliers soldats, Maréchaux de Province, Gouverneurs,
  Procureurs, Généraux, Bailly, Chatelains, Officiers, Juges provinciaux, Prévôts, Bourgmaistres, Echevins,
  Conseillers, Bourgeois, Communautés, et tous autres qu'il appartiendra nos sujets et du Sainct Empire Romain,
  comme aussy de nos Royaumes héréditaires, Principautés et payis, de quelle dignité Estat ou condition ils
  puissent estre, expressément et constamment par et en vertu des présentes et voulons que ceux qui tiennent,
  honorent, nomment, et intitulent ci-après et à jamais le dit Philippe Othon Comte Sauvage du Rhin Dhaun et
  Kyrbourg Rhingrave de Stein, et Prince de Salm comme aussi son fils ainé et tous ses héritiers qui posséderont
  le Comté de Salm, comme ci-dessus Prince et Princesses de Salm des Notres et de l'Empire, lui donnent
  aussi le titre et qualité  Princière de  Seigneur, les  laissant  paisiblement  jouir  de tout et un chacun honneur
  dignité,  prééminence, avantage, droit, juridiction et de cette notre grâce impériale sans aucun empêchement
  ou obstacle de leur part, ni rien faire au contraire ou permettre qu'il soit fait chose aucune en quelque manière
  que ce puisse être, à peine d'encourir la disgrâce et punition de nous et du Saint Empire et en outre une  
  amende de deux cent maar d'or pure payable sans rémission par celui autant de fois que témérairement il
  contrevindra et applicables la moitié à notre chambre et celle de l'Empire, et l'autre moitié pour le dit  
  Philippe Othon Prince de Salm, à son fils, et en suite à tous les héritiers qui posséderont le Comté de Salm.
  En Témoignage de quoi et de vérité nous avons fait pendre aux présentes patentes de Prince, notre Bulle
  Impérialle, en or, qui furent donnée en notre ville impériale de Ratisbonne, le huitieme jour du mois de  
  Janvier après la Nativité de Notre Seigneur et Sauveur, mille six cent vingt trois, de notre Empire des Romains
  en sa quatrième année, de celui de Bohème en la sixième de celui de Hongrie en la cinquième.  
     
     
     
      Signé FERDINAND.  
         
      Et plus bas : Ad mandatum cesareæ Majestatis.  
         
      Signé S. R. DUCHER.  
     
  Et à côté : cet écrit collationné sur l'original de Sa Majesté Impériale, lequel original se trouve en son entier,
  et conforme, En foi de quoi j'ai signé et apposé mon cachet ordinaire.  
  Aussi signé Jean FREYSSINGER, Registrateur de la Chancellerie de l'Empire et cacheté en cire sur papier
  blanc traversant un cordon de soie.  
  Pour traduire d'allemand en français tiré sur sa copie attestée, signée et cachetée comme ci-dessus, par les
  soussigné avocat au Conseil de S. A. en sa cour Souveraine de Lorraine, et Barrois et traducteur juré en elle
  et soit conforme en teneur de substance.  
     
     
      COLIN.  
     
  Note complémentaire de l'auteur du site :  
     
  Cet acte historique, fut confirmé en 1739 par un renouvellement du diplôme de Prince pour la nouvelle  
  lignée des Salm  Salm descendante des  comtes de Hoogstraten, puis en 1742, en faveur de la branche  
  des Rhingraves de Leuze qui prirent à cette occasion le nom de Salm Kyrbourg.  
     
     
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  Philippe Othon, Comte Rhingrave de Salm, fils et successeur de Frédéric, l'élu du peuple, ayant abjuré la
  religion de ses pères, fut créé prince de l'empire le 8 janvier 1623.  Les moines dépouillés d'une partie de
  leurs biens par Frédéric, en demandèrent la restitution au prince. Il y eut à ce sujet plusieurs conférences
  à Badonvillers, entre les commissaires du prince et du cardinal de Lorraine qui avait succédé à l'abbé  
  Lignarius 5 mais le mariage de ce cardinal et la guerre qui survint mirent fin à ces conférences. Philippe
  Othon conserva les droits acquis par son père. Cette abjuration, qu'il n'avait faite que pour obtenir le titre
  de prince, devint pour son petit-fils, Louis-Othon, un titre d'exclusion du trône d'Angleterre. Ce prince aurait
  dû succéder à la reine Anne, en 1714 par ordre de primogéniture, comme descendant d'Elisabeth, fille de
  Jacques 1er, par Edouard, prince palatin, mais un acte du parlement d'Angleterre, de 1701, exclut du trône
  à perpétuité tous les plus proches parents catholiques. Cependant personne n'était plus digne d'occuper le
  trône d'Angleterre qu'un prince qui tenait son autorité du peuple.  
     
  La perte de ces droits ne fut pas la seule conséquence de l'abjuration du Comte de Salm. Philippe-Othon,
  en acceptant la dignité de Prince de l'Empire, perdait l'indépendance que lui avait assurée le choix populaire.
  Son abjuration ne pouvait satisfaire la cour de Vienne, il lui fut enjoint par un diplôme de Ferdinand d'expulser
  les calvinistes de la partie du Comté de Salm qui lui appartenait ( 28 novembre 1624 ) cette condition seulement
  le Prince de Salm devait jouir des graces et faveurs impériales. Heureusement pour ses sujets, le Comté de
  Salm était indivis entre le Prince et le Rhingrave.  
     
     
     
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       modifié le 26/9/2016