LA BATAILLE DE NEERWINDEN ou  
 
 
          NERVINDE aujourd'hui en Belgique  
 
 
          le 29 juillet 1693  
   localisation de Neerwinden ou Nervinde (Belgique)  
             Charles Théodore Othon, Prince d'Empire et de Salm y fut blessé  
     
 
     Cette bataille mit aux prises l'armée française sous le commandement du maréchal de Luxembourg aux forces  
  alliées du royaume d'Angleterre et des Provinces Unies hollandaises sous les ordres de Guillaume d'Orange.  
  Portrait de François-Henri de Montmorency
 
  Guillaume III par Godfrey Kneller
 
 
      Le Maréchal de France François                Guillaume III d'Orange-Nassau    
      Henri de Montmorency-Bouteville                co-Roi d'Angleterre avec son épouse Marie  
      Duc de Pinay-Luxembourg                Prince d'Orange      
      dit Maréchal de Luxembourg                La Haye 14/11/1650 - 8/3/1702 Londres  
      Paris 8/1/1628 - 4/1/1695 Versailles          
                       
     
     Guillaume est installé sur une bonne position défensive avec ses 50 000 hommes composant 64 bataillons d'infanterie  
  et 142 escadrons de cavalerie. Il décide d'attendre l'attaque de l'armée française de 75 000 hommes composée de 90  
  bataillons d'infanterie, de 2 régiments d'artillerie et de 190 escadrons de cavalerie.  
         
 
 
         
             
         
         
                 Fuite des ennemis  
                 Le Prince d'Orange  
                 Le Prince de Conti  
                 Le Maréchal de Villeroi  
                 L'armée des ennemis en bataille  
                 Retranchement des ennemis  
                 Le comte d'Athlone  
                 L'électeur de Bavière  
                 Le Maréchal Duc de Luxembourg  
                 Mr le Duc de Chartres  
                 L'armée du Roi rangée en bataille  
                 Le Maréchal de Joyeuse  
                 Le corps de réserve  
         
         
     Le Maréchal Duc de Luxembourg, ayant reçu l'ordre de sa Majesté, d'aller chercher l'armée des Alliés pour  
  la combattre. Parti le 28 Juillet, sur les cinq heures du matin du camp de Hellich, éloigné de 7 lieues de celui des  
  ennemis, marchant sur 4 colonnes, l'infanterie au milieu et la cavalerie sur les ailes, il arriva sur les 4 heures de  
  l'après-midi à la haiteur du village de Waesmont, et jetta d'abord dans les villages de Ste Gertrude et de Reithoven,  
  2 régiments de dragons. Le Maréchal de Joyeuse arriva sur les 6 heures avec l'aile gauche : l'infanterie que le  
  Prince de Conti faisait marcher avec une grande partie de l'artillerie arrivèrent sur les 8 heures. Comme il était trop  
  tard pour engager le combat. Mr de Luxembourg se contenta de disposer ses troupes, il fit occuper à sa droite le  
  village de Lande Fermé et à la gauche celui de Reithoven, entre ces 2 villages ainsi occupé par l'infanterie, il forma  
  4 lignes, 2 de cavalerie et 2 d'infanterie, la réserve fut postée derrière le village de Reithoven. Le 29, à la pointe du  
  jour, on découvrit l'armée des Alliés, ayant leur droite du côté des villages de Laer, Over Winde et Neer Winde, leur  
  gauche s'étendait jusqu'au ruisseau de Beck et se repliait le long de ce ruissaeau en descendant du côté de Leewe,  
  ils avaient tiré devant eux un grand retranchement depuis Neer Landen jusqu'à Neer Winde qu'ils avaient bordé de  
  80 pièces de canons, leur infanterie était postée derrière soutenue par 2 lignes de cavalerie, ils avaient à leur droite  
  3 autres lignes de cavalerie. Le Maréchal de Luxembourg ayant reconnu la disposition de larmée des ennemis, jugea  
  qu'il fallait se rendre maitre des villages de Laer, d'Over Winde et de Neer Winde, ce qui fut exécuté. Les troupes du  
  Roi (animées par la valeur du Général et les Princes qui étaient à leur tête) rompirent les ennemis de toute part  
  gagnèrent le champ de bataille avec 76 pièces de canon des ennemis, 8 mortiers, plusieurs pontons, tous leurs  
  équipages d'artillerie, leurs munutions de guerre, 66 étendards, 22 drapeaux, 12 paires de timbales, 1 500 prisonniers, etc…  
         
     La garde-française ouvre une brèche dans le dispositif anglo-hollandais et la cavalerie envoyée en urgence résiste  
    à la contre attaque de la cavalerie anglo-hollandaise, exploite la brèche et déborde les ailes mettant en déroute leurs  
    adversaires. Les pertes sont lourdes 9 000 hommes côté français et 18 000 morts côté alliés.  
       
       C'est au cours de cette bataille que Guilaume III, furieux que les Français ne reculent pas face au feu des forces  
    alliées, s'écria : « Oh ! l'insolente nation ! »   Le maréchal de Villeroy, Alexandre-François Caminade, 1834
 
 
         
       Voici ce qu'écrivait Voltaire dans le volume 20 de ses Œuvres complètes :  
      l'orthographe d'époque a été conservée sur le texte ci-dessous  
     
    " Le même général, avec les mêmes princes et ces mêmes troupes surprises et victorieuses  
    " à Steinkerque, alla surprendre, la campagne suivante, le roi Guillaume, par une marche de sept  
    " lieues et l'atteignit à Nervinde. Nervinde est un village près de la Guette, à quelques lieues de   François de Neufville Duc de Villeroy  
    " Bruxelles. Guillaume eut le temps de se retrancher pendant la nuit et se mettre en bataille.      
    " On l'attaque à la pointe du jour, on le trouve à la tête du régiment Ruvigni, tout composé de Le régent, Philippe d'Orléans, par Jean-Baptiste Santerre en 1717.
 
 
    " gentilhommes français, que la révocation de l'édit de Nantes et les dragonades avaient forcés de  
    " quitter et de haïr leur patrie. Ils se vengeaient sur elle des intrigues du jésuite La Chaise et des      
    " cruautés de Louvois. Guillaume suivi d'une troupe si animée, renversa d'abord les escadrons  
  " qui se présentèrent contre lui, mais enfin il fut renversé lui-même sous son cheval tué. Il se releva  
  " et continua le combat avec les efforts les plus obstinés. "  
  Philippe d'Orléans Duc de Chartres  
  " Luxembourg entra deux fois l'épée à la main dans le village de Nervinde. Le duc de Villeroi fut  
  " le premier qui fauta dans les retranchemens des ennemis. Deux fois le village fut emporté et repris ." Portrait d'après Hyacinthe Rigaud, château de Versailles.
 
   
 
    " Ce fut encore à Nervinde que ce même Philippe duc de Chartres se montra digne petit-fils de      
    " Henri IV. Il chargeait pour la troisième fois à la tête d'un escadron. Cette troupe étant repoussée, il    
  " se retrouva dans un terrain creux, environné de tous côtés d'hommes et de chevaux tués ou blessés.    
  " Un escadron ennemi s'avance à lui, lui crie de se rendre, on le saisit, il se défend seul, il blesse  
  " l'officier qui le retenait prisonnier, il s'en débarrasse. On revole à lui dans le moment et on le dégage.  Duc Louis III de Bourbon Condé  
  " Le prince de Condé que l'on nommait Monsieur le Duc, le prince de Conti son émule, qui s'étaient  
  " tant signalés à Steinkerque, combattaient de même à Nervinde pour leur vie comme pour leur gloire, Le jeune François-Louis, alors prince de La Roche-sur-Yon
 
   
  " et furent obligés de tuer des ennemis de leur main, ce qui n'arrive aujourd'hui presque jamais aux  
  " officiers généraux, depuis que le feu décide de tout dans les batailles. "      
 
  " Le maréchal de Luxembourg se signala et s'expasa plus que jamais, son fils le duc de Montmorenci,  
  se mit au devant de lui lorsqu'on le tirait et reçut le coup porté à son père. Enfin le général et les princes  
  reprirent le village une troisième fois et la bataille fut gagnée. "   François Louis de Bourbon Conti  
     
  " Peu de journées furent plus meurtrières. Il y eut environ vingt mille morts, douze mille du côté des Le Duc en campagne par Jean Gilbert Murat.
 
   
  " alliés et huit mille de celui des Français. C'est à cette occasion qu'on disait qu'il fallait chanter plus de  
  " de profundis que de Te Deum. "      
 
 
 
    Si quelque chose pouvait consoler des horreurs attachées à la  
        guerre, ce serait ce que dit le comte de Salm, blessé et prisonnier  
        dans Tirlemont. Le maréchal de Luxembourg lui rendait des soins       Louis Joseph de Bourbon  
                        Duc de Vendôme  
        assidus :  
        " Quelle nation êtes vous ! " Lui dit le prince Charles Théodore      
        Othon, Prince d'Empire et de Salm,   Image illustrative de l'article Claude de Choiseul-Francières
 
   
        " Il n'y a point d'ennemi plus à craindre dans une bataille, ni      
     Charles Théodore Othon, Prince " d'amis plus généreux après la victoire. "      
             d'Empire et de Salm        
             
  " Toutes ces batailles produisaient beaucoup de gloire, mais peu de grands avantages. Les alliés, battus  
  à Fleurus, à Steinkerque, à Nervinde, ne l'avaient jamais été d'une manière complète. Le roi Guillaume fit    
  toujours de belles retraites et quinze jours après une bataille, il eût fallu lui en livrer une autre pour être le      Claude comte de Choiseul  
                    Maréchal de France  
  maitre de la campagne. La cathédrale de Paris était remplie de drapeaux ennemis. Le prince de Conti appelait  
  le maréchal de Luxembourg, le tapissier de Notre Dame. On ne parlait que de victoires. Cependant Louis XIV  
  avait autrefois conquis la moitié de la Hollande et de la Flandre et toute la Franche-Comté sans donner un Portrait de Louis-François de Boufflers par Hyacinthe Rigaud. Collection privée.
 
 
  seul combat, et maintenant après les plus grands efforts et les victoires les plus sanglantes, on ne pouvait    
  entamer les Provinces-Unies, on ne pouvait même faire le siège de Bruxelles. "      
         
  ² Il s'agissait comme général du maréchal de Luxembourg et pour princes : Philippe d'Orléans alors duc    
             
  de Chartres, Louis de Bourbon petit-fils du grand Condé appelé Monsieur le Duc, François Louis prince de    
  Conti petit-neveu du grand Condé, le duc de Vendôme, petit-fils de Henri IV, le comte de Choiseul et   François Louis duc de Boufflers  
  Boufflers depuis maréchal de France.              Maréchal de France  
             
         
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          mise à jour du 3/04/2017