Les seigneurs de Fénétrange (appelés Vinstinger)      
       
     près de Sarrebourg (F)      
       
       
               Département de la Moselle  
 
 
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
       
    Représentation de Fénétrange en 1598    
 
 
     
         
             
             
               
       
 
     
           
           
       
       
       
       
       
      vue aerienne du château  
                        vue extérieure du château  
   
         A l’époque féodale de nombreux Avoués parvenaient à étendre leurs prérogatives les rendant héréditaires, puis, se rendant maîtres du  
    territoire qui leur était confié, ils le transformaient en fief.  
         La plus ancienne mention connue et indiscutable de Fénétrange (Filistenges) figure dans une charte promulguée par l'empereur Henri IV  
    à Mantoue en 1070 fixant la redevance due par l'abbesse Gisèle de Remiremont pour l'exercice par elle du droit de battre monnaie à Fénétrange .  
    Document significatif prouvant qu'à cette date Féné­ trange relevait de l'abbaye de Remiremont. Mais il établissait aussi qu'au XIe siècle , la  
    petite région était suffisamment active , donc suffisamment peuplée , pour justifier la frappe , sans doute discontinue , d'un monnayage local,  
    probablement à l'occasion du transit du sel provenant du Saulnois, de marchés et de pèlerinages, ce que confirme le monnayage , vers la même  
    époque ou un peu plus tard, des évêques de Metz , tout à côté , dans la vallée de la Sarre , à Sarrebourg, à Sarrewerden, à Bouquenom, sans  
    parler de Marsal, dans le Saulnois Il ne semble pas que d'autres forges monétaires aient fonctionné dans le Westrich au XIe siècle .  
    Elles n'apparaîtront que sous les Hohenstaufen - début XIIe ­ (Hornbach, Annweiler, Kaiserslautern). Ce qui tendrait à confirmer la faiblesse  
    démographique du Westrich en ce temps, sauf dans la vallée de la Sarre entre Sarrebourg et Bouquenom, avec Fénétrange pour centre  
    géographique . Cette partie de la vallée et ses abords sont peuplés de longue date . Les nombreuses trouvailles de tuiles, de poteries, de statues,  
    de monnaies, les traces de villae, de chemins, de « diverticules » témoignent d'une importante occupation romaine . La fréquence de villages en  
    -ingen, -ing, -ange, -dort, -heim significatifs d'une ancienne immigration franque , démontre que l'occupation humaine n'a pas été interrompue  
    aux Ve-VIe siècles.  
       En 1222, dans un acte de l'Abbesse de Remiremont fixant les conditions du transfert de propriété au profit de Merebode de Malberg.  Il prit  
    comme de coutume le nom de sa terre ainsi que ses couleurs – d’azur à une fasce d’argent - (horizontalement bleu-blanc-bleu).  
         Merebode eut trois fils, Henri qui devint le puissant Archevêque de Trèves et qui construisit les Collégiales de Munster (à 8Km) et de Kyllburg  
    dans l’Eifel, Cunon et Brunon qui se partagèrent la terre paternelle selon la règle du « Ganerbschaft ». Cette règle impliquait que la terre soit  
    en indivision permanente. Pour en limiter le morcellement, ils créèrent 3 seigneuries : la tête de braque (Brackenkopf) comprenant les terres  
    de Faulquemont revint à l'aîné, Cunon et le Col de cygne (Schwanhals) comprenant Diemeringen au cadet, Brunon, Fénétrange et le château  
    restant en indivision.  
         La fameuse dynastie des « Fénétrange » était née, outre les 20 villages qu’ils possédaient autour de Fénétrange, ils avaient des  
    possessions à Faulquemont, Malberg et Diemeringen et plus tard la Seigneurie de Geroldseck avec Niederstinzel, Otterswiller, Eckartswiller  
    et Altenheim, mais ils avaient également des revenus de biens leur provenant des Souverains du Luxembourg, Evêques de Metz, Trèves et  
    Strasbourg, du Duc de Lorraine ou encore obtenus par mariage.  
         Une charte cite des droits dans environ 110 villages qu’ils avaient confié à 140 vassaux !  
         Petit à petit la Seigneurie acquit une puissance telle qu’elle devint un petit Etat Libre, Immédiat d’Empire, les "de Fénétrange" ("Von  
    Vinstingen") prenant le titre de Barons ou Comtes.  
         Les seigneurs de Fénétrange (appelés Vinstinger) s’illustrèrent sur tous les champs de bataille, citons :  
   
    -  Henri le Vieux qui permit à Louis II de Bavière de monter sur le trône impérial et qui fut nommé Archimaréchal d’Empire, Landvogt (Préfet)  
       d'Alsace et Prévôt impérial de la ville de Haguenau.  
    -  Huguelmann le vieux qui complota contre les Habsbourg.  
    -  Burckart ou Brocard de Fénétrange qui commandait une compagnie de 500 cavaliers français (au nombre desquels le fameux Du Guesclin)  
       et qui remporta moult victoires au cours de la guerre de 100 ans. Lieutenant général du Duché de lorraine, il fut tuteur du jeune Duc qu’il  
       installa au château de Fénétrange.  
       Outre ce dernier, il possèdait de nombreux châteaux dont le Haut Koenigsbourg, le château de Lutzelbourg, de Schöneck, Niederstinzel...  
    -  Jean VI surnommé l’écorcheur qui, en 1439, dévasta l’Alsace à la tête d’une bande d’Armagnacs.  
    -  Jean VII le très fortuné  Maréchal de Lorraine, Chevalier de l’Ordre du Croissant Emaillé, Seigneur de Fénétrange Schwanhals,  Diemeringen,  
       Schöneck et autres lieux.  
    -  Jean VII fut le dernier représentant mâle de cette puissante dynastie, la seigneurie passa alors par mariage entre les mains des Sarrewerden,  
       Neuchâtel (en Vosges), Ratsamhausen, Landsberg, Haraucourt, Salm puis leurs descendants, les puissants Rheingrafen ( Rhingraves-Comtes  
       sauvages du Rhin) de Dhaun  (future dynastie des Rhingraves de Salm) et de Kyrbourg, les riches Dommartin et Croÿ Havré.  
   
         Au XVIème siècle, les Rheingrafen de Kyrburg introduisirent violemment le luthéranisme à Fénétrange, il s’en suivit une période troublée,  
    émaillée de querelles entre co-Barons restés fidèles à Rome et les partisans de la Réforme.  
         Le XVIIème siècle fut marqué par la terrible guerre de trente ans (1618-1648) à laquelle succéda famine et peste. La Baronnie en sortit  
    dévastée, ruinée et dépeuplée pour un bon siècle.  
          Les Barons de Fénétrange devirent alors des personnages de plus en plus lointains.  
          Le Duc de Lorraine, Charles IV, désireux de constituer un « Duché de Sareland » au profit de son fils adultérin le Prince de Vaudémont  
    acheta le plus grand nombre des parts fénétrangeoises. En 1680, Vaudémont détint la majeure partie de la Seigneurie, le Prince de Salm Salm  
    ayant conservé ses parts en détenait encore le seizième.  
         En 1720, le Prince de Vaudémont renonça à son « duché de la Sarre » au profit de son parent le Duc Léopold de Lorraine.  
         En 1737, le successeur de Léopold, François III renonça au Duché de Lorraine en faveur de Stanislas Leczinski, Roi de Pologne, beau père  
    de Louis XV.  
         C’est à cette époque que Fénétrange sortit de ses murs, la construction du faubourg ayant débuté en 1734.  
         Le 21 décembre 1751, le Prince Nicolas-Léopold de Salm-Salm accepta un échange de ses parts contre des parts que Stanislas détenait  
    dans les Vosges (où se trouvait la Principauté des Salm-Salm) voir la page intitulée : "1751, création de la nouvelle Principauté de Salm"  
         A la mort de Stanislas (1766), Fénétrange devint un Bailliage du domaine Royal, sans restrictions.  
         A la veille de la Révolution Française, Armand-Jules-François, Duc de Polignac, écuyer de la Reine Marie-Antoinette (fille de l’ancien Duc de  
    Lorraine François III), et son épouse, amie intime de la Reine, reçurent les revenus de la Terre de Fénétrange en remboursement d’une dette.  
    Le Duc de Polignac fut reconnu comme « Seigneur engagiste des domaines de la Baronnie de Fénétrange ». Ce titre lui fut retiré par l’Assemblée  
    Nationale le 14 février 1791.  
          Fénétrange cessa alors définitivement d’être une Baronnie pour devenir chef lieu du Département de la Meurthe.  
         Au cours du XVIIIème siècle Fénestrange connut une nouvelle prospérité, économique cette fois. Petit centre administratif, judiciaire,  
    commercial, on y tint foires et marchés qui attirèrent la population loin alentour, c’était une ville animée.  
          En 1806, les luthériens prirent possession de leur propre église.  
          Mais, avec la construction de la ligne ferroviaire Strasbourg-Paris avec arrêt à Sarrebourg cette activité s’assoupit lentement vers le milieu  
    du XIXème siècle.  
         Après la défaite de 1870, Fénétrange devint l’allemande Finstingen-i-Lothringen. Au XXème siècle, Fénétrange redevenue française (1918)  
    fut rattachée au département de la Moselle. Enfin, au cours de la dernière guerre mondiale, Finstingen (gau Westmark) perdit l’ancien pont sur  
    la Sarre, une partie des vitraux de la collégiale et sa fameuse Porte de France ; mais le plus lourd tribu fut humain, de nombreux enfants de  
    Fénétrange ne revinrent jamais. La ville ne fut libérée qu'en Novembre 1944.  
         Il a fallut une vaste campagne de mobilisation pour parvenir à la restauration du château des 15ème et 16ème siècle.  
         Aujourd'hui, bien que privé, vous pouvez admirer la cour en forme de fer à cheval, la chapelle gothique édifiée par Diane de Donmartin pour  
    acceuillir le culte catholique après le triomphe de la réforme protestante.  
         Un pilier central soutient les voûtes, dont les clefs sont ornées des armes de Diane et de son second époux Charles Philippe de Croy. A côté  
    se trouve la cuisine seigneuriale et un magnifique escalier hélicoïdal avec ses volutes en coquille d’escargot.  
       
   
   
   
 
 
   
   
   
   
   
   
   
   
   
 
 
  la cour intérieure du château   les anciens communs du château         la porte forte  
 
 
Escalier-chateau-de-Fenetrange.jpg
       Le château entoure une cour de forme ovale. Il s’élève sur quatre niveaux et présente
 
  encore les traces de sa porte forte. Les parties extérieurs sont libres d'accès, l'intérieur du
     
  château est visitable certains jours durant la belle saison.  
     
     
     
        Entièrement et magnifiquement restauré le château de Fénétrange, avec sa cour
     
  intérieure et son escalier hélicoïdal, trône fièrement au centre du village.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  retour à la page d'accueil de l'Atelier de Jack  
 
 
 
 
  mise à jour le 15/07/2017