LE COMTE PUIS LA PRINCIPAUTE DE SALM  
 
 
 
      Historiographie légendaire de l'implantation des Salm en Vosges  
     
  Au début du XIIe siècle, les évêques de Metz Adalbéron IV, Theoger et surtout Étienne de Bar tiennent à leurs possessions  
  épiscopales en Lorraine après leur éviction de la direction de la cité de Metz. Parmi ses possessions des Vosges, la  
  splendide ville de Rambervillers entourée de belles campagnes se signale, ainsi qu'un territoire administré par l'abbaye  
  de Senones au nord de la voie des Saulniers, dont le cœur montagnard formait jadis une partie septentrionale du ban  
  mérovingien de Gondelbert, et qui débordait sur le piémont vosgien à l'ouest. Jadis Angelram, évêque de Metz et archipelain,  
  a reçu de l'Empereur Charlemagne le monastère de Senones et pleine autorité temporelle sur le territoire associé.  
  Avec la croissance démographique et la bonne gestion de l'abbé de Senones, Antoine de Pavie, choisi par l'évêque de Metz  
  en 1090, les biens de l'épiscopat messin fructifient.  
     
  Une historiographie traditionnelle, souvent auréolée de légendaire, rapporte que Dame Agnès de Montbéliard épouse le  
  comte de Langenstein. Il est le descendant des châtelains de Longue Pierre, fidèles chevaliers voués de l'abbaye de  
  Senones, redevables à l'évêché. Mais voilà trop vite Agnès veuve avec trois jeunes enfants. L'évêque de Metz Adalbéron  
  choisit de caser le jeune Hermann II, fils cadet du comte de Salm qui, sans terre en Ardenne, pourrait jouer les troublions  
  des intérêts messins. Faisant d'une pierre deux coups, l'évêque lui donne la responsabilité d'une famille chrétienne en lui  
  faisant épouser la veuve du comte de Langenstein. Pour ne pas dépouiller les enfants du premier lit, Agnès hérite du titre  
  de feu son époux ainsi que le château perché sur un "long éperon" des premiers contreforts gréseux des Vosges.  
     
  Hermann est nommé en 1111 avoué de l'abbaye de Senones : il est chargé de protéger et de faire respecter les droits  
  seigneuriaux, c'est-à-dire le temporel de l'abbaye. Il conserve le titre de comte pour ne pas déchoir vis-à-vis de son  
  épouse ni de ses parents restés en Ardenne belge.  
     
  Le jeune casé est craint par l'abbé Antoine qui s'empresse de placer les biens abbatiaux en 1111 sous la protection de  
  l'Empire. Le comte de Salm ne peut se restreindre à n'être qu'un homme d'armes et un administrateur au service exclusif  
  de son bienfaiteur. Sa fougue guerrière resurgit bientôt et, dévoré par ses passions, il commence à usurper les droits de  
  l'abbaye, s'émancipe définitivement de son protecteur messin et ordonne le pillage des bans voisins. Sa bande guerrière  
  prend parti des causes profitables, il rejoint le camp de Simon Ier, duc de Lorraine (et en passant a eu une aventure  
  adultérine avec l'épouse de celui-çi Adélaïde de Louvain) qui commet forces exactions dans les abbayes vosgiennes de  
  Saint-Dié et Remiremont. Négligeant son protecteur, il s'oppose aussi à l'évêché de Metz. Le révolté s'oppose aussi aux  
  intérêts des proches parents de son épouse imposée.  
   
  Le nouveau évêque de Metz depuis 1120, Étienne de Bar furieux de son beau-frère et saisi d'une ardeur belliqueuse, agit :  
  il fait le siège du château de Langenstein pendant un an. Au cours d'une tentative de sortie défensive, Hermann et son fils  
  aîné sont tués en 1123. Les bandits se rendent et la région est pacifiée.  
     
  Un grand nombre de variantes légendaires et de vieux contes prolonge ce récit fondateur singulier. Elles rapportent que,  
  dans son immense chagrin à la suite de chaque deuil, Agnès fait creuser un puits insondable, le château et le hameau en  
  contrebas seraient depuis ce temps dénommés château de Pierre-Percée et village de Pierre-Percée. Agnès est décrite  
  en mère prolifique. Même si les historiographes ne rapportent que trois enfants du premier lit et trois autres enfants du  
  second, la tradition des conteurs montagnards affirme qu'elle eut pléthore de filles avec le premier époux et pléthores de  
  mâles avec le second. Épousant l'image de l'agnelage divin et prolifique, elle aurait engendré plus d'enfants que n'en compta  
  la dynastie des Salm. La pierre-percée était vénérée comme pierre de fécondité. Les puits furent transformées en oubliettes.  
     
  Pourtant les historiens les plus scrupuleux, à l'instar de Georges Poull, ne présentent point ces faits : ils mentionnent  
  qu'Étienne de Bar et Agnès sont respectivement le cinquième et le neuvième enfant du couple formé en 1066 par le comte  
  Thierry II et d'Ermentrude de Bourgogne. Thierry II est seigneur d'Altkirch, Ferrette, Montbéliard, Mousson, Bar et Amance.  
  Hermann de Salm apparaît dès 1123 à l'inauguration de la nouvelle abbaye de Senones en compagnie de l'evêque de Metz  
  Administrateur efficace, il protège aussi l'abbaye de Hugshoffen dans le val de Villé. Les nombreux diplômes où il figure  
  ensuite montrent qu'il sert efficacement son suzerain, l'évêque de Metz et beau-frère, Etienne de Bar en tant que voué de  
  l'abbaye saint Pierre de Senones. Hermann meurt vers 1135 avant son épouse Agnès qui disparaît après 1140. Leur  
  successeur et fils Henri apparaît comte en 1133 et disparaît vers 1153.  
     
  Pour accorder l'historiographie légendaire avec les rares données diplomatiques fiables mais fort imprécises sur la vie des  
  personnages, il faut supposer que l'évêque Étienne de Bar au terme de sa rage, ait joué l'apaisement. Il aurait pu promettre  
  dans une ultime tentative de conciliation l'avouerie et la main de la veuve Agnès à un autre parent d'Hermann, Hermann le  
  vieux qui aurait garanti l'éducation et la protection des enfants d'Agnès et de son jeune cousin. On peut aussi supposer  
  qu'avant l'arrivée d'Hermann et la reprise en main d'Étienne de Bar, des bandits indéterminés avaient pris possession du  
  château de Pierre-Percée. L'installation de la vouerie serait donc à resituer vers 1123.  
     
  Quoi qu'il en soit, écrivains de légendes et conteurs, recyclant de vieilles histoires locales, se sont emparés de l'instauration  
  de cette maison de Salm en Vosges. Quelques historiens, partisans d'une lignée par aînesse, pensent que le modeste comté  
  de Salm en Ardenne n'offrait guère de perspectives à ses seigneurs. Le comte Henri II, né à Salm en Ardenne, aurait choisi  
  de vivre dans les terres vosgiennes de sa famille, abandonnant alors le comté primitif à sa sœur Elise.  
     
     
  Le comté de Salm en Vosges  
     
   
  Henri III construit ou rénove à partir de 1205 un château sur les terres qu'il administre pour l'abbaye, dans la vallée de la  
  Bruche, au-dessus du village de La Broque, et le nomme château de Salm. Ses terres sont appelées dès lors Salm en Vosges  
  ou Obersalm, par opposition au Salm originel en Ardenne, ou Niedersalm. Ce territoire relève du Saint-Empire romain  
  germanique, appliquant le droit germanique, mais contigu au duché de Lorraine, État  souverain de langue romane, qui  
  applique le droit romain quoiqu'également terre d'Empire. Henri III octroie la seigneurie de Blâmont à son fils cadet Ferry,  
   tige des sires puis comtes de Blâmont de la Maison de Salm.  
     
  Henri IV développe en Salm le commerce du sel et le travail du fer qui existe depuis des siècles. Il exploite rationnellement  
  les puissants gisements minéralisés de fer et de cuivre de Framont à Grandfontaine. N'étant pas propriétaire du terrain, des  
  querelles s'élèvent avec le propriétaire du sol, l'abbé de Senones, lequel fait intervenir le puissant évêque de Metz, Jacques  
  de Lorraine. Les mines sont détruites vers 1258, mais réédifiées presque aussitôt, dès 1291.  
   
  Une comtesse de Salm est mentionnée en plusieurs procès au Parlement de Paris en 1269, 1278 et 1284.  
     
  En 1459, Jeannette de Salm, fille du comte Simon III, épouse Jean V (1436-1495), Wild- et Rhingrave à Daun et Kyrburg  
  (ou Kirbourg), originaire du Palatinat. À la mort du comte Jacques son frère (1475), Jeannette et son autre frère Jean  
  décidèrent de se partager le pouvoir, tout en maintenant le comté indivis. Deux branches hermanienne et des Rhingraves  
  portent dès lors le titre de comte de Salm.  
     
  Un neveu de Jeannette, Nicolas († 1529) devient comte de Salm et Neubourg (Nicolas Ier) après avoir acquis cette dernière  
  seigneurie alors dans l'archiduché d'Autriche. Cette nouvelle branche, malgré son nom, ne possède pas Salm; elle s'éteint  
  en 1784.  
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               statut de Nicolas 1er de  
               Salm Neubourg à Vienne  
     
     
     
     
   
  Déjà seigneur de Morhange et de Puttelange, le Rhingrave Jean VI reçoit en outre par son mariage avec Jeanne de Moers-  
  -Sarrewerden (1478) les comtés de Moers et de Sarrewerden, assortis d'une partie des droits sur la baronnie de Fénétrange  
  (Moselle) et de la totalité de Diemeringen (Bas-Rhin). Fénétrange reste administrée pour partie par les ducs de Lorraine,  
  tandis que Diemeringen fut ensuite partagée entre les différentes branches des Rhingraves.  
     
  Pour sa part, le comte de Salm de la branche hermanienne reçoit du duc Antoine une autre partie des droits sur la baronnie  
  de Fénétrange au début du XVIe siècle.  
   
  Vers 1540, la famille des Rhingraves se convertit à la Réforme luthérienne. Contrairement à l'usage de l'époque, il ne semble  
  pas qu'ils aient voulu imposer cette nouvelle foi à leurs sujets ; les Salm montrent toujours une grande tolérance religieuse  
  pendant tout l'Ancien Régime. Ils restent les avoués de l'abbaye de Senones.  
     
  Aux XVIe et XVIIe siècle, les Rhingraves servent, selon les occasions, le roi de France ou l'Empereur germanique,  
  indifférents à la religion de leurs adversaires (huguenots français, luthériens germaniques) ou alliés (les armées royales,  
  les troupes impériales majoritairement catholiques).  
  Les comtes de la branche hermanienne restent fidèles aux ducs de Lorraine, et en reçoivent puissance, honneurs et  
  récompenses en tant que gouverneurs de Nancy, et maréchaux de Lorraine et du Barrois.  
     
  Vers 1550, les comtes des deux branches cousines prennent la décision de ne plus payer les redevances de location à  
  l'abbaye de Senones, manifestant ainsi leur droit de propriété. Avec l'occupation française des Trois-Evêchés en 1552,  
  l'évêché de Metz abandonne aux Salm ses droits sur les châteaux de Pierre-Percée et Salm, émancipant ainsi les comtes  
  de leur longue vassalité.  
   
  En 1571, Jean IX, comte de Salm, protecteur de l'abbaye de Senones, descendant direct de Hermann II, s'associe à son  
  cousin et beau-frère, Frédéric, rhingrave et descendant de Jean V, pour réaliser un véritable coup d'État.  
  Ils se font reconnaître par la population et devant huissiers comme les seuls seigneurs de la région, aux dépens de l'abbaye.  
     
  Le comté de Salm s'agrandit et s'affranchit des suzerainetés, au fil des alliances et des négociations, toujours indivis entre  
  les deux branches des descendants de Hermann et des rhingraves. Trois comtes de la lignée de Hermann sont  
  successivement maréchaux de Lorraine, et gouverneurs de Nancy ; la porte de la Citadelle de la capitale ducale portait les  
  écus du Duc de Lorraine et du comté de Salm, et un bastion avait été baptisé bastion en son honneur.  
     
  La principauté de Salm  
     
   
  En 1600, le comte Jean IX, le dernier de la lignée de Hermann II, meurt sans héritier mâle ; c'est sa nièce Christine (ou  
  Chrétienne) de Salm qui hérite des droits de la branche de Hermann. Elle avait épousé François de Lorraine, comte de  
  Vaudémont puis duc de Lorraine. Le comté toujours indivis devient alors partiellement possession des ducs de Lorraine,  
  et un partage a lieu. Les villages sont attribués à la Lorraine (François de Vaudémont) ou à Salm (le Rhingrave), sans  
  continuité territoriale, un partage de ce territoire rural ne permettant pas de faire deux parts d'égale valeur. Certains gros  
  bourgs par contre, comme Senones, Badonwiller, Celles-sur-Plaine, connaissent un double statut : la moitié des foyers  
  dépendent des ducs, et l'autre des comtes (les rhingraves).  
     
  En 1623, le Rhingrave luthérien Philippe Othon, comte de Salm et fils du Rhingrave Frédéric (ligne de Dhaun, branche de  
  Neuviller ou Neufville), se convertit au catholicisme, et est créé prince d'Empire par l'Empereur germanique Ferdinand II  
  qui lutte contre la Réforme. Les droits des Rhingraves sur Salm forment alors une première principauté de Salm avec  
  Badonviller pour capitale.  
   
 
  1623-1634: Philippe Othon (1575-1634),  
             
             
             
             
             
             
             
             
             
             
             
             
           
  1634-1636 : Louis (1618-1636),  
  1636-1663 : Léopold Philippe Charles (1620-1663), admis au banc des princes à la Diète d'Empire  
                    en 1654, il hérite par sa femme un neuvième des droits sur l'ancienne Principauté d'Arches,  
  1663-1710 : Charles Théodore Othon (1645-1710), qui obtint l'immédiateté du "comté princier de Salm"  
         en 1668,     
  1710-1738 : Louis Othon (1674-1738).  
   
  Après Louis Othon, la dignité princière échoit au rameau collatéral "flamand" de Hoogstraten ; Nicolas Léopold refonde  
  alors la principauté en principauté de Salm-Salm.  
     
  La principauté de Salm-Salm forme, à la fin du XVIIIe siècle, un territoire recentré, vestige d'une seigneurie autrefois  
  plus vaste nommée Salm-en-Vosges. Elle succède à un territoire historique plus vaste séparée en 1598 par un long  
  indivis ; le comté de Salm du comte Jean IX, devenu, après 1600 par le mariage de sa fille Christine, partie du duché  
  de Lorraine d'une part, et une première principauté de Salm qui désigne commodément l'autre moitié du comté de  
  Salm attribuée au rhingrave Frédéric, comte sauvage du Rhin élevé en 1602 au statut de prince d'Empire d'autre part.  
     
  La Principauté de Salm-Salm n'existe effectivement qu'entre 1751 et 1793. Elle est souveraine bien que les Français  
  disposent d'un droit de libre passage. Après l'annexion ratifiée le 2 mars 1793, la Convention sépare l'ancien  
  territoire princier en deux cantons des Vosges, le canton de Senones et le canton de La Broque, ce dernier canton  
  complété ultérieurement par l'apport d'autres communes du val de Bruche.  
     
  Les Salm descendant du Rhingrave Frédéric s'étaient séparés au XVIIe siècle en plusieurs branches, celle de Neufville  
  de la ligne de Dhaun avait reçu la dignité princière (princes de Salm), mais avait aussi donné naissance au rameau  
  collatéral des ducs de Hoogstraten.  
     
 
 
 
     
     
     
     
     
         
         
     
     
             Nicolas Léopold et Dorothée  
             de Salm Salm                  
             Collection particulière –  
             Les veilleurs de Salm  
     
     
     
     
   
  Le prince de Salm Louis Othon avait pour seule héritière sa fille aînée Dorothée, laquelle épousa en 1719 son cousin  
  Nicolas- Léopold, du rameau collatéral des ducs de Hoogstraten. À la mort du prince en 1738, le rameau de Hoogstraten  
  recueillit alors la dignité princière, et Nicolas-Léopold prit le titre de prince de Salm-Salm pour signifier cette réunion.  
  Le territoire de la principauté restait inchangé, partagé avec le comté de Salm des ducs de Lorraine.  
         
  La principauté de Salm, depuis 1623, formait un territoire morcelé, imbriqué dans les territoires du comté de Salm dévolu  
  au duc de Lorraine. Elle formait aussi une enclave germanique entre le duché de Lorraine, dépendant de l'Empire et  
  l'Alsace, partiellement occupée par la France par les traités de 1648.  
         
  À partir de 1736, par le traité de Vienne, il fut établi par convention entre le roi Louis XV de France et l'empereur Charles  
  VI du Saint-Empire que le duc François III de Lorraine renoncerait à ses États en faveur de l'ex-roi de Pologne  
  Stanislas Leszczyński, beau-père en exil du roi de France. Celui-ci deviendrait duc « viager » de Lorraine et de Bar et à  
  sa mort, la Lorraine et le Barrois seraient rattachés à la France. Nicolas-Léopold craignit qu'à cette occasion, sa  
  principauté ne subisse le même sort. Après de longues négociations, il obtint qu'une convention soit signée le 21  
  décembre 1751 entre lui-même, Stanislas et Louis XV. Un nouveau partage entre le comté et la principauté y était  
  décidé, sorte de remembrement aboutissant cette fois à deux aires géographiquement bien distinctes.  
         
  La Lorraine acquit l'ouest du territoire avec Badonviller pour capitale, et les Salm-Salm abandonnaient leurs droits sur la  
  baronnie de Fénétrange. L'essentiel de l'ancien comté, sur la rive droite de la Plaine, était en revanche attribué en pleine  
  propriété aux princes de Salm-Salm, comprenant une trentaine de localités : le bourg de Senones qui devint capitale de  
  la principauté, Ménil et Saint-Maurice-les-Senones, Vieux-Moulin et les Frénot, Allarmont, Albet, La Broque, Grandfontaine,  
  les forges de Framont, Fréconrupt, Vipucelles et Quevelles, Plaine, Champenay, Diespach, Saulxures, Bénaville et le  
  Palais, La Petite-Raon, Paulay, Raon-sur-Plaine, Celles, Moussey, Belval, Saint-Stail, Grandrupt, Le Vermont et Vexaincourt,  
  soit une population d'environ 10 000 habitants. La principauté couvrait un territoire d'environ 240 kilomètres carrés (20 km  
  sur 12).  
     
  Le partage avait favorisé la nouvelle principauté de Salm-Salm, en extension comme en ressources naturelles ou artisanales.  
  On y cultivait le seigle, le sarrasin, l'orge, la pomme de terre et un peu de froment, du chanvre et du lin. On y trouvait des  
  forêts de sapins et donc des scieries, il y avait des lièvres, des sangliers, des chevreuils et des perdrix ; dans les rivières,  
  des truites, des lottes et des ombres . Beaucoup d'arbres fruitiers, des cerisiers en quantité.  
     
   
  Il y avait aussi des forges. Les activités minières et métallurgiques constituèrent le patrimoine de loin le plus considérable  
  des seigneurs de Salm. C'est en effet à Framont-Grandfontaine que fut édifiée au milieu du XVIe siècle la première  
  entreprise sidérurgique « moderne » des Vosges où se coulait la fonte tout au long de l'année, et non plus sur quelques  
  mois avant destruction des hauts fourneaux. L'importance des filons métallifères (et non la qualité) contribua à la  
  puissance et à la renommée des forges princières de Salm-Salm au XVIIIe siècle. Lors de l'annexion de la Principauté par  
  la France révolutionnaire, la famille Champy (originaire de Bourgogne) s'en rendit propriétaire en 1796 et en poursuivit  
  l'exploitation avec succès. Progressivement concurrencées par l'utilisation à moindre coût du charbon minéral, les forges  
  survécurent difficilement pour disparaître en 1857.  
         
    Les Princes souverains ;  
         
       
 
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
      Nicolas Léopold (1701-1770)  
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
       Louis Charles Othon (1721-1778)  
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
         
                                                   Constantin Alexandre (1762-1828).  
         
         
   
  Dans leur nouvelle capitale, Senones, les princes firent édifier un premier château en 1754 et un second en 1778, ainsi que  
  plusieurs hôtels particuliers. Ils ordonnèrent aussi divers embellissements. Dom Augustin Calmet, abbé bénédictin de  
  Senones et historien érudit, participa à la reconstruction du monastère dont il avait la charge, et contribua à faire connaître  
  la principauté. Voltaire lui-même y fut son invité en 1744 et 1754. Bien qu'elles aient été transformées en usines textiles  
  au XIXe siècle, les constructions princières et l'abbaye furent classées monuments historiques dans les années 1980.  
     
  La principauté de Salm avait réussi à conserver son indépendance politique et économique après les traités de Westphalie  
  qui accordaient au roi de France les possessions alsaciennes des Habsbourg alors que la partie duché de Lorraine  
  demeurait au Saint-Empire romain germanique. Au même titre que la principauté, la ville de Mulhouse, le comté de  
  Montbéliard avec Riquewihr et le comté de Nassau-Sarrewerden étaient aussi considérés comme des territoires  
  étrangers susceptibles d’être annexés. Les princes de Salm-Salm (princes possessionnés d'Alsace) étaient donc  
  considérés comme seigneurs au service de l’Empire et dont le territoire, enclavé dans les possessions du nouvel Etat  
  français, constituait pour l'Assemblée constituante un obstacle à l’unification et à la sécurité du sol national.  
   
  Scrutant avec inquiétude les bouleversements provoqués par la Révolution française, et l'échec de la fuite de la famille  
  royale à Varennes-en-Argonne, le prince Constantin Alexandre prend la sage précaution de se retirer définitivement le  
  15 août 1791 de Senones, capitale de sa principauté vosgienne et gagne son château d'Anholt en Westphalie.  
  Ce domaine a été acquis en 1647 par le mariage du prince Léopold Philippe Charles de Salm avec l'héritière des  
  comtes d'Anholt, Anna-Maria.  
     
  La Convention nationale, ayant interdit - plus formellement en 1792 sous peine de mort - la sortie des denrées du territoire  
  national français en temps de guerre, se borne à établir un blocus économique de la principauté et provoque une crise  
  alimentaire dans la principauté. Les pourparlers engagés depuis Anholt par le prince Constantin et par des émissaires de  
  la principauté n’aboutissent point, ouvrant la voie à une procédure d’annexion de l'enclave pour les partisans de la  
  République ou les ennemis de l'ancien ordre religieux au sein des instances représentatives de la principauté. Le conseil  
  municipal de Senones n'a d'autre choix que de voter le rattachement à la République française le 21 février 1793.  
  Le traité, ratifié à Paris par la Convention nationale le 2 mars 1793, précise, non sans cynisme, que la Convention accepte :  
  « le vœu librement émis par le peuple de la ci-devant principauté de Salm … ». Sous l'égide du conventionnel Couthon,  
  l’ancien territoire de la principauté qui compte plus de 12 000 habitants est définitivement incorporé au département des  
  Vosges.    
         
         
       
       
      Monument érigé par souscription publique 10 septembre 1893 et blason de Salm
 
 
       
       
       
       
            Un monument de 1893, sur la place  
            du « nouveau château » à Senones,  
            commémore le centenaire du  
            "rattachement" à la France.  
           
       
       
       
       
       
       
       
       
     
 
 
       
       
       
       
           
           
           
           
       
       
       
          Un monument à la Broque symbolisant le bicentenaire du  
           rattachement de la Principauté de Salm à la France 1993  
       
       
       
       
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