Jean IV de MANDERSCHEID-BLANCKEHEIM  
 
     
           évêque de Strasbourg de 1569 à 1591          évêque de Strasbourg de 1569 à 1591  
       
   
 
 
        Blason de Jean de Manderscheid, combinant  
        ses armoiries familiales, celles de l’évêché  
        de Strasbourg et celles du landgraviat  
        de Basse-Alsace.  
         
     
  Jean IV de MANDERSCHEID-BLANCKEHEIM      Né en 1538, dans l'actuelle Rhénanie-Westphalie, ce prélat est issu d'une  
           
            d'après une miniature d'époque        grande famille de la région de Trèves, dont les représentants étaient titulaires  
       de riches bénéfices ecclésiastiques dans toute la vallée du Rhin. Fils d'Arnold,  
                comte de  Manderscheid-Blanckeheim et de Marguerite de Wied. Il succède le  
  26 janvier 1569 à l'évêque Erasme de Limbourg qui avait échoué à résoudre les querelles entre réformateurs et  
  conservateurs, qui divisait l'Eglise.  
 
       Jusqu’alors doyen du Grand-Chapitre, Jean de Manderscheid apparut comme le seul candidat recevable au  
  siège épiscopal de Strasbourg, à cause de ses origines mi-catholiques et mi-protestantes. Après de longues  
  tractations et les recommandations du sénat de Strasbourg, il sortit de l’urne comme « évêque élu », le 26 janvier  
  1569. Son élection fut proclamée à la cathédrale du haut du jubé et, selon la tradition, on le fit asseoir sur le  
  maître-autel.  
 
       Le pape Grégoire XIII confirma cette élection en juin 1573, en lui recommandant toutefois de se faire  
  ordonner prêtre ! À l'instar de nombreux prélats de Moyen Age, qui étaient des nobles entrés dans la carrière  
  ecclésiastique sans aucune vocation.  
 
       Bien qu’il ne semble pas avoir eu de prédilection pour la théologie, le nouvel évêque disposait d’une  
  grande force de travail à laquelle s’ajouta la ferme volonté de remettre de l’ordre dans l’administration de  
  l’évêché de Strasbourg.  
 
       Dès le début, il essaya de restaurer l’autorité épiscopale auprès du Grand-Chapitre de la cathédrale mais,  
  en 1583, éclata une querelle capitulaire dite « guerre du chapitre », durant laquelle 14 chanoines protestants  
  s’opposèrent aux 10 chanoines catholiques. En 1584, ces derniers ripostèrent en cooptant Charles de Lorraine,  
  celui-ci succèdera d’ailleurs à Jean de Manderscheid  
 
      Alors que les guerres de religion sévissaient en France, les tentatives de l’évêque Jean en faveur de la paix  
  restèrent vaines en Alsace, ce qui ne l’empêcha pas de consolider de nombreuses fortifications épiscopales.  
  Ainsi, en 1583, il entreprit la restauration du château du Haut-Barr (près de Saverne) « pour la protection de ses  
  sujets et sans esprit d’hostilité envers personne ». Plus près de chez nous, il modernisa le système défensif de  
  Dachstein où, dès 1572, il se fit construire une résidence secondaire (actuel château des barons de Turckheim).  
     
     
 
 
     
     
     
     
     
     
     
                     Le château des barons de Turckheim à Dachstein  
       résidence privilégiée des évêques de Strasbourg du XII° au XV° siècle  
 
       Suite aux visites diociésaines voulues par le Concile de Trente, et afin de réformer son clergé, il fit appel  
  aux Jésuites et les établit à Molsheim en 1580, où ils ouvrirent un collège, futur séminaire où les bénéficiaires  
  du pensionnat se destinent au sacerdoce. Ils sont boursiers de l'évêque et ils suivent les cours du collège. Puis  
  qui devint un centre missionnaire de la plus grande importance. C’est dans cet établissement – qui, en 1617,  
  deviendra la première université en Alsace – que furent formés les fils des notables restés catholiques, au point  
  que l’influence de ces étudiants endigua la progression des idées novatrices dans le diocèse de Strasbourg.  
     
 
       on retiendra également que c’est le même évêque qui offrit la célèbre « croix de Niedermunster » aux  
  Jésuites, lors de leur arrivée à Molsheim, pour leur témoigner sa bienveillance. Ceux-ci la conservèrent plus tard  
  dans la nouvelle église du collège (érigée entre 1615 et 1617), mais ce chef-d’œuvre d’orfèvrerie disparut dans la  
  tourmente révolutionnaire, lorsque le commissaire Nestling, maire de Molsheim, s’empara de la croix dont le  
  métal précieux fut livré à la Monnaie de Strasbourg…  
     
   
 
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
      vitrail de l'église de Saverne, montrant les armoiries de Jean IV de MANDERSCHEID-BLANCKEHEIM  
     
       Jean IV, comte de Manderscheid-Blankenheim, mourut au château de Saverne le 2 mai 1592 et fut inhumé  
  dans l’église de la ville, où l’on admire encore un vitrail montrant ses armoiries (voir ci-dessus). Sa disparition  
  subite entraîna la fameuse guerre des Évêques, une véritable « guerre de religion » entre les princes protestants  
  et le Magistrat de Strasbourg, d’une part, et la Maison catholique de Lorraine, d’autre part. Après une âpre lutte  
  au pied des remparts de Molsheim, c’est le cardinal Charles de Lorraine qui finit par l’emporter et devenir ainsi le  
  83° évêque de Strasbourg.  
     
 
 
 
      Avers et revers d’un « Thaler » (monnaie en argent valant 60 Kreuzer),  
      frappé en 1575 dans l’atelier épiscopal de Molsheim.  
     
     
 
       En définitive, l’évêque Jean est surtout connu localement par le biais de l’Hôtel de la Monnaie, dont la  
  grande salle du premier étage porte le nom : « salle Jean de Manderscheidt » avec un T se référant à une  
  ancienne graphie. (voir ci-dessous ce bâtiment)  
     
       En tant que prince temporel, l’évêque avait le droit de battre monnaie et, pour cette raison, ouvrit ici un  
  atelier monétaire en 1573. Mais, bien que les chanoines strasbourgeois aient apprécié les premiers florins frappés  
  à Molsheim, certaines autres pièces ne tardèrent pas à être dénigrées, au point que le prélat se résolut, en 1579,  
  à interrompre le monnayage. Celui-ci reprendra par la suite, tantôt à Saverne, tantôt à Molsheim, pour finalement  
  cesser son activité au cours du XVII° siècle.  
     
 
 
 
 
       
       
       
       
       
       
       
       
       
    L’actuel « Hôtel de la Monnaie » fut construit en 1722, à l’emplacement de l’atelier monétaire fondé en 1573 par Jean de Manderscheid  
     
     
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        modifié le 17/02/2017